Courrier N°11 – 10 Mai 2009

Chers amis et adhérents,

Des informations et leurs commentaires

Nous avons attendu d’avoir suffisamment d’informations nouvelles pour vous en informer. Celles-ci nous sont parvenues tardivement ce qui explique notre silence depuis octobre dernier.

Le déménagement de la Médiathèque  en novembre-décembre 2008 :

La Médiathèque de l’architecture et du patrimoine sise à l’Hôtel de Croisilles (vendu

par l’Etat) a déménagé, comme il était prévu, à Charenton-le-Pont . Cette première phase

ne concernait pas les donations.

Cette installation est provisoire dans son organisation.

Le budget

France Domaine a validé le dossier financier monté par la DAPA : près de 13 millions d’euros ont été réservés pour cette opération. Un peu plus de 3 millions ont été utilisés pour la première phase. Pour la partie relative à la conservation, qui concerne la seconde et la dernière phrase à Charenton (équipements physiques, dispositifs de climatisation etc…) 6 millions d’euros sont réservés par le ministère de la Culture et de la Communication sur le programme 175 (les autorisations d’engagement ont d’ores et déjà été déléguées au Service national des travaux en vue des opérations futures). Le concours d’architecte qui a été lancé tient compte de ces éléments. Il appartient aux 3 architectes qui ont été autorisés à concourir de présenter les meilleures propositions d’allocation de la surface disponible.

La conformité juridique des donations

Comme nous vous l’avions indiqué dans notre courrier N° 10, du 26 octobre 2008, le résultat des négociations avec le Ministère  est certes un compromis. Il protège plus efficacement les intérêts des donateurs que celui qu’ils avaient précédemment signé. Le renforcement des garanties porte sur :

-La conservation (références à des normes de conservation, mise en place d’un comité de conservation qui devra se réunir chaque année)

-L’inaliénabilité. L’Adidaepp a obtenu que quelle que soit l’évolution des lois les donations ne pourront en aucun cas être vendues. Ce point est extrêmement important car il fait toute la différence entre une donation à l’Etat français et une donation à une fondation.

[1] Le « programme 175 » regroupe les subventions versées par l’État aux régions pour les actions en faveur du patrimoine 

            –Les donations s’inscrivent dans les fonds de la Médiathèque qui vont    bénéficier d’un conseil d’orientation scientifique devant déterminer un programme de travail adossé à la recherche.

– Un bilan annuel de la diffusion devra être envoyé chaque année aux donateurs.

Fort de cette négociation très positive qui témoigne de l’ouverture et de l’intérêt du Ministère pour la photographie patrimoniale, les donateurs et ayants droit ont convenu de mettre fin à la suspension de la diffusion de leur fonds par la Réunion des Musées

Nationaux (R.M.N.). Maître Dauchez, notaire et Maître Lhotel, avocat, choisis par les

donateurs,  en collaboration avec leurs confrères du Ministère se sont attelés à la rédaction des futurs actes sur la base du canevas précité. La complexité juridique des dossiers (dont n’avait pas pris compte les premiers rédacteurs des actes) fait qu’à ce jour aucune donation actualisée n’a été signée. Les difficultés rencontrées sont dues aux arcanes du droit français concernant les successions et à la mise à jour des inventaires..

Nouvelles donations

De nouvelles donations sont en préparation. Le Monde, dans son numéro du 16 avril,  a déjà annoncé celle de Marc Riboud D’autres ne sauraient tarder. Cela traduit la volonté de l’Etat de revenir à une politique de donation. Il y a donc un réel changement par rapport à l’état d’esprit de 2004 après la dissolution de Patrimoine photographique.

Mais il ne suffit pas d’accueillir des donations encore faut-il se donner les moyens de les conserver et de les faire découvrir au public et pour cela de disposer du personnel nécessaire.

La conservation

Le fort de Saint-Cyr où sont entreposées les donations (qui seront déménagées à Charenton après la seconde phase des travaux ) ne présente pas les meilleures conditions de conservation. Cela fit l’objet d’un référé en juillet 2006. Des travaux ont été entrepris au fort pour régler les problèmes de température et d’hygrométrie. A la demande des donateurs et de l’Adidaepp,  Bertrand Lavédrine a conseillé l’expertise d’un climaticien.  Lors du comité des donateurs du lundi 13 octobre dernier, un représentant de celui-ci nous a indiqué que les conditions de température avaient évolué de façon positive,  mais que celles concernant l’hygrométrie devaient encore être améliorées pour atteindre les normes exigées.

Le rapport définitif nous a enfin été remis lors du  comité de conservation qui s’est tenu le 9 avril dernier en présence  de : Manuel Bamberger – directeur de projet pour la photographie à la DAPA – , Jean-Daniel Pariset – conservateur en chef , directeur de la Médiathèque  de l’Archictercture et du  Patrimoine , Anne de Mondenard (chercher son titre), – de Judith Kagan – conservateur en chef du Patrimoine à la DAPA , Sylvie Aubenas- conservateur en chef et directeur  du département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque Nationale de France, Bertrand Lavédrine – directeur du Centre de Recherche sur la Conservation des Documents Graphiques – Pierre Diaz Pedregan – chef de projet pour In Extenso, Françoise Denoyelle, professeur des universités et présidente de l’Adidaepp.

Pour résumer le document de 19 pages rédigé par Pierre Diaz Pedregan de la société In Extenso,  intitulé « Amélioration des conditions de conservation des fonds photographiques & recommandations » :

–         « les températures sont d’une très grande stabilité et les valeurs qu’elles atteignent même en été sont parfaitement acceptables »

–         « les mesures réalisées dans les chambres froides montrent que les conditions recherchées sont obtenues et maintenues »

–         « il n’en va pas de même pour l’humidité relative qui à l’évidence fluctue en fonction des variations du rapport de mélange de l’air extérieur… L’humidité relative peut passer de valeur moyenne autour de 45 % – situation acceptable – à des valeurs moyennes de 60% ce qui est inacceptable. En juin 2008, des valeurs supérieures à 65 % ont pu être enregistrées ».

Les travaux entrepris sous l’action de l’ADIDAEPP ont permis une amélioration des conditions de température. Celles concernant l’hygrométrie laissent toujours à désirer.

Ce qui est nouveau.

Alors que pendant plusieurs années le Ministère s’efforçait de nous convaincre que tout allait bien, il a pris conscience des problèmes et adopte une position constructive pour  mettre fin aux désordres.

Pierre Diaz Pedregan dans son rapport préconise un certain nombre de recommandations pour assurer un niveau hygrométrique correct. Nous attendons maintenant de la Médiathèque du patrimoine qu’elle fasse rédiger par un spécialiste un cahier des charges pour les travaux à effectuer et qu’un budget afférent lui soit alloué.

Ce problème exige une réponse urgente car nous dénonçons les problèmes d’hygrométrie depuis 4 ans. La bonne volonté du Ministère est encourageante, les actes sont attendus.

Conseil  scientifique et culturel de pilotage du futur centre de la photographie et de la médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine.

Réuni au printemps 2008, il devait initialement se réunir à nouveau en novembre dernier. Les contraintes liées au déménagement ont entrainé son report au 9 juin  2009. Ses travaux porteront sur l’information relative à l’avancement du projet et aux perspectives d’avenir. Guillaume Boudy, Secrétaire général du Ministère, Michel Clément Directeur de la DAPA, Manuel Bamberger Directeur de projet, participeront à cette réunion. Mais nous attendons toujours la mise en place du comité scientifique.

Fermeture de l’Hôtel de Sully

Dès avril 2008 l’Assemblée générale de Jeu de Paume annonçait la prochaine fermeture de l’Hôtel Sully, lieu  consacré à l’exposition de la photographie patrimoniale. Cette annonce   a été officiellement confirmée au cours de l’Assemblée du 17 avril dernier et la date de la fermeture est donc connue pour le 31 décembre 2009. Aucune salle de remplacement n’est annoncée plus d’un an après la première annonce.

Le Président du Jeu de Paume, Alain-Dominique Perrin, a fait procéder à une très brève  étude  concernant « les enjeux de la valorisation du patrimoine photographique ». Les conditions scientifiques de cette étude ne reposent que sur l’interview de 12  personnes. L’échantillon a été constitué par  les 3 présidents  des anciennes associations Jeu de Paume, C.N.P. et Patrimoine photographique , deux membres du conseil d’administration de ces associations, trois mécènes et un membre fondateur de l’actuel Jeu de Paume.. Il est à noter que parmi cet échantillon aucun responsable de fonds photographiques  d’une grande institution (pourtant membre de cette assemblée : Sylvie Aubenas – BNF , Françoise Reynaud –  Carnavalet, Françoise Heilbrun, –  Musée d’Orsay) n’a été sollicité pas plus que les donateurs ni même Messieurs Michel Clément, directeur de la DAPA, Manuel Bamberger directeur de projet pour la photographie et Jean-Daniel Pariset directeur de la Médiathèque. N’ont-ils pas d’avis éclairé sur la question ?

Dans ces conditions que vaut cette étude dont un des donateurs notait en la recevant que « l’intérêt pour le patrimoine photographique n’apparaissait que dans le titre ».

Les conclusions formulées en rouge sous la rubrique Au total cernent bien la manœuvre :

– « Maintenir les deux missions dans un seul lieu (Jeu de Paume) semble très difficile à réaliser malgré leur complémentarité et leur enrichissement »

–  Un nouveau lieu à Paris : « Une hypothèse presque impossible : pas de lieu/trop lourd (budget et organisation) / peu pertinent aujourd’hui où le Jeu de Paume doit d’abord mieux se définir et s’affirmer ».

– Mener la mission hors les murs : « Pour tous la bonne solution. Les problèmes éventuels soulevés n’empêchent pas ceux qui les soulignent d’adhérer fortement à cette hypothèse. Ce choix apparaît comme le plus intéressant et le plus fécond ».

Pour résumer notre analyse :

–  La dissolution du Centre National de la Photographie et de Patrimoine photographique, regroupés sous l’entité Jeu de Paume aboutit comme nous l’avions prévu à une déperdition de la visibilité des collections patrimoniales. Jeu de Paume au fil des années a vu ses missions de conservation et de diffusion commerciale disparaître, celles-ci ont été confiées respectivement à la Médiathèque et à la RMN. Il ne lui reste que la diffusion artistique pour laquelle il n’est pas prêt à mener les actions nécessaires pour conserver une salle d’exposition à Paris.

–         Jeu de Paume privilégie l’art contemporain « Concorde doit rester identifié au contemporain (années 1960-70) … mais il est possible de présenter des œuvres patrimoniales dans les petites salles à l’étage. »

–         A quoi sert dans ces conditions la généreuse subvention de la DAPA ?

Que sont devenues les missions confiées à  Robert Delpire dans le cadre du CNP, d’abord au Palais de Tokyo puis à l’Hôtel Rothschild, qui  présentait essentiellement de grandes expositions patrimoniales ? Honoré cet été aux Rencontres d’Arles comme l’un des acteurs majeurs de la valorisation et de la diffusion de la photographie, il ne semble pas avoir fait école.

Votre appui nous est toujours indispensable.

Comme vous le voyez votre action au sein  de l’ADIDAEPP a porté ses fruits. Nous avons obtenu beaucoup en ces temps de rigueur, mais nous ne devons pas en rester là. La vigilance reste plus que jamais nécessaire pour obtenir ce que mérite la photographie

Patrimoniale.

Votre soutien, non seulement financier mais surtout moral, nous permet d’exiger que s’affirme une véritable politique de la photographie patrimoniale qui n’est toujours pas inscrite à l’ordre du jour du Ministère.  Dans notre communiqué de presse de juillet 2008 nous l’appelions à organiser un grand colloque sur la photographie patrimoniale.  Le déménagement terminé il s’impose.

Bien que tardif vous ne manquerez pas de nous renvoyer dans les meilleurs délais votre  bulletin d’adhésion 2009 toujours à 10 €…

Très cordialement

Le bureau de l’Adidaepp

Françoise Denoyelle                               Martine d’Arc               Véronique Figini

C’est avec tristesse que nous avons appris la disparition de Claude Dityvon  et de Sabine Levin qui avait donné à l’Etat le fonds de son époux Sam Levin. Adhérents tous les deux  dès la première heure de l’ADIDAEPP, ils ont  soutenu avec enthousiasme nos initiatives.

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