CONFERENCE DE PRESSE

 Cour de l’Archevêché, Arles, le 8 juillet 2010

– DES INTENTIONS  AUX ACTES
Depuis 6 ans, l’Association de défense des donateurs et ayants droit de l’ex Patrimoine photographique (ADIDAEPP) vous informe du devenir des collections et de la politique patrimoniale du ministère de la Culture et de la Communication.

 

La politique patrimoniale du Ministère :

Le 25 mars 2010, Frédéric Mitterrand a annoncé la création d’une Mission pour la photographie. Pour la première fois depuis de nombreuses années, une esquisse de politique de la photographie est à l’ordre du jour. Une conférence de presse du Ministre, le 4 juillet, lors des Rencontres d’Arles 2010, vient de confirmer une forte volonté politique. L’impulsion du Ministre est un atout sérieux. Sa connaissance et son amour de la photographie sont connus de tous. Ses interventions témoignent de son intérêt pour la création contemporaine et pour la photographie patrimoniale et sa conservation. Nous n’avions pas entendu un discours sur la photographie aussi pertinent depuis longtemps. Le Ministre a répondu point par point aux nombreuses questions soulevées par l’Adidaepp depuis plusieurs années. Il a notamment indiqué : “Cette Mission a pour but de créer un interlocuteur unique, identifié de tous, permettant de remédier à l’éparpillement des structures, au manque de visibilité et de lisibilité, et à l’insuffisance du dialogue entre les différentes composantes du Ministère d’une part, et les acteurs publics et privés de la profession”. L’Association ne peut que se réjouir de cette avancée significative. Le Ministre a présenté, donc validé, l’essentiel des propositions de la Commission de réflexion mise en place par la Mission pour la Photographie.

La Mission pour la Photographie est placée sous la direction de Daniel Barroy, chef de la Mission, et de Manuel Bamberger, directeur de projet, auxquels ont été adjoints deux chargés de mission. Elle regroupe 4 commissions :

– Conservation, préservation et devenir des œuvres
– Diffusion (expositions et portail)
– Recherche, formation et documentation
– Les nouveaux modes de production et de diffusion.

Elles ont réuni environ 80 personnes lors de 12 réunions.

Sans entrer dans le détail de toutes les propositions, mais concernant la politique patrimoniale, à laquelle l’Adidaepp est particulièrement attachée, il a été préconisé par les participants :

– d’établir un annuaire des différents fonds existants accessible en ligne
– de faire connaître les normes de conservation en vigueur définies en fonction de la nature des fonds et de veiller à leur respect dans le cadre du contrôle scientifique et technique que l’Etat exerce sur les collections publiques

– de soutenir les efforts de recherche nécessaires en matière de conservation et de restauration
– de répondre aux besoins des entreprises privées comme des particuliers en examinant les possibilités de dépôt.

Concernant la sauvegarde des fonds de nombreux photographes, elle a fait l’objet d’une attention soutenue. Il a été souligné qu’un travail d’inventaire permettant une valorisation future est indispensable avant toute donation. Plusieurs pistes ont été explorées comme la collecte et la conservation dans des conditions assurant simplement la transmission aux générations futures.
La création d’une commission des dons et des legs et la mise en place de clauses prévoyant les conditions d’une participation à la documentation du fonds et à sa valorisation ont été envisagées. Tout ceci reste à élaborer.
Ni les budgets, ni les besoins en personnel nécessaires n’ont été évoqués. Le Ministre aura-t-il les moyens de sa politique ?

Bilan 2010 pour les collections de l’ex Patrimoine Photo

Lorsque l’Adidaepp examine les promesses et les devoirs du Ministère concernant les donations et acquisitions de l’ex Patrimoime Photo (Fonds Allégret, Boudinet, Bovis, Colomb, Corbeau, Galup, Studio Harcourt, Kenna, Kertész, Kollar, Le Prat, Lévin, Parry, René-Jacques, Réquillart, Ronis, Sénicourt et Voinquel), beaucoup a été fait.
Le Ministre a énoncé toutes les avancées qu’a obtenues l’Adidaepp (amélioration des conditions de conservation, nomination d’un conservateur et augmentation globale de la diffusion). Si l’Association salue également l’énergie déployée par Manuel Bamberger, en charge du dossier de la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine à Charenton, en ces temps de restrictions budgétaires, force est de constater que bien des points, et non des moindres, voire essentiels, restent à régler.

– La création d’un département Photographie au sein de la Médiathèque promise en 2008 n’est toujours pas effective. Ce département est capital pour accueillir, dans un large esprit d’ouverture, de nouvelles donations au-delà des enrichissements traditionnels de la Médiathèque.

– La recherche d’un lieu dédié à la photographie patrimoniale.
Comme nous l’avions déjà souligné en juillet 2009, les salles de l’Hôtel de Sully dédiées à l’exposition de la photographie patrimoniale, et fermées à l’initiative de l’Etat, n’ont toujours pas été remplacées. Sans elles, comment encourager les donations ? Ce problème déjà présenté par le Ministre comme une préoccupation majeure en 2009 serait sur le point d’être résolu. Ce dernier a donné rendez-vous à Perpignan au monde de la photo, le 30 août dans le cadre de Visa pour l’Image, pour annoncer un lieu [ce propos est étrangement absent du document officiel remis à la presse]. Gageons que ce redoublement d’efforts du Ministre sera couronné de succès.
Un exemple frappant : une exposition Nadar, la norme et le caprice à Tours, qui s’inscrit dans les célébrations nationales pour le centenaire de la mort de l’artiste, n’a pu présenter que des tirages réalisés en 1989, « Le château n’est pas aux normes muséales : il ne peut montrer de fragiles tirages d’époque » (Le Monde, Claire Guillot, le 18 juin 2010). Quand on sait que la BNF conserve dans le fonds Nadar plusieurs milliers de portraits d’époque auxquels il faut ajouter les tirages du musée d’Orsay, on mesure les limites du programme “hors les murs” du Jeu de Paume. C’est une excellente initiative d’organiser des expositions en province, mais cela ne saurait pallier l’absence d’une salle permanente offrant les qualités muséales à Paris.

La régularisation juridique des actes. A ce jour, seules deux donations ont été signées : Michael Kenna et Thérèse Le Prat. Au-delà des difficultés juridiques, les lenteurs administratives finissent par venir à bout des meilleures volontés et bien des donateurs sont excédés par tant de tracasseries.

Le Conseil scientifique et culturel du Centre de la Photographie et de la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine, initié au printemps 2008.
Michel Clément en avait confirmé l’importance et l’urgence en juin 2009. La Révision Générale des Politiques Publiques a servi d’excuse pour le différer constamment. Alors que le Ministère a été capable de convoquer près de 80 personnes dans le cadre des 4 commissions de la Mission pour la Photographie, on s’étonne de son incapacité à mettre en place ce Conseil.

Le Comité de conservation. Il doit se réunir chaque année. Il a été mis en place par le Ministère après les multiples actions des donateurs et de l’Adidaepp, et son intérêt n’est plus à démontrer. Il ne s’est pas réuni depuis avril 2009. Dans son rapport, l’expert Pierre Diaz Pedregan préconisait des travaux au Fort de Saint-Cyr. Certains ont été entrepris, mais nous n’avons plus reçu d’informations à ce sujet. L’avancement de la deuxième tranche de travaux à Charenton rend plus que jamais nécessaire la convocation du Comité.
Si le Ministère souligne son intérêt pour la conservation et la recherche en conservation, il faut hélas noter que le Centre de Recherche sur la Conservation des Documents graphiques (CNRS) a perdu un poste (du ministère de la Culture et de la Communication) d’ingénieur dédié à la recherche en conservation pour la photographie.

Le manque de personnel pour s’occuper des donations. L’enthousiasme et le professionnalisme des personnels de la Médiathèque en charge des donations ne peuvent suffire à une demande croissante (inventaire, publications, expositions,…).

La Réunion des Musées nationaux [RMN]. La mise en ligne des donations sur le site de la RMN est une formidable opportunité et des efforts de diffusion sont à mettre au crédit des personnels de la RMN. Si, au niveau national, des projets d’ampleur de numérisation sont à l’ordre du jour, la numérisation elle-même au sein de la RMN est perçue comme confuse dans son organisation et sa mise en œuvre. De plus, tout ceci se fait sans concertation avec les donateurs.

La mise en place d’une Mission pour la Photographie est un élément extrêmement positif. Elle est pour l’heure rattachée directement au cabinet du Ministre et placée sous l’autorité de l’un de ses proches collaborateurs, Francis Lacloche. Cette décision assure pour l’instant une impulsion politique significative, mais obère la pérennité de la Mission. Il est donc urgent d’en assurer l’avenir.

“Il n’y a pas d’amour sans preuve d’amour” a repris le Ministre dans son intervention. L’Adidaepp sera d’autant plus vigilante que les engagements ministériels sont vitaux pour la photographie patrimoniale. A la fin du cycle de l’argentique, c’est l’avenir des œuvres de toute une génération de photographes qui est engagée. L’Adidaepp invite ses adhérents et plus largement le monde de la photographie à soutenir, plus que jamais, son action.

Le Bureau de l’ADIDAEPP : Françoise Denoyelle, Martine d’Arc et Véronique Figini.

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