HUIT ANS APRÈS, LE TEMPS DU RENOUVEAU POUR L’ADIDAEPP

Courrier n°17

27 mars 2012

POUR LES DONATIONS : LENTEMENT MAIS SÛREMENT…

  • Régularisation des actes de donation

Deux donations Michael Kenna et Thérèse Le Prat ont fait l’objet d’une régularisation juridique (fin 2009), celles concernant François Kollar et Daniel Boudinet ont été signées en juin 2011. Les cas de Marcel Bovis et Amélie Galup sont considérés comme réglés. Restent les donations René-Jacques et Sam Lévin pour lesquelles les inventaires ne sont pas terminés et celles de Bruno Réquillart et Roger Parry, en attente de documents notariaux.

  • Le Conseil scientifique et le comité en charge de la conservation des fonds à la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine.

Suite à l’arrêté du 28 février 2011 mettant en place ce conseil scientifique et suite à la pression de l’ADIDAEPP, la première réunion a enfin eu lieu le mercredi 7 mars. Françoise Denoyelle était l’un des rares représentants de la photographie d’auteurs. Seules les questions liées aux aménagements du site de Charenton-le-Pont ont été évoquées par le cabinet d’architectes. Aucun projet scientifique n’a émergé de ce conseil pourtant dédié à cette mission !

  • La Commission des dons et des legs

« S’agissant de la future commission, un premier projet de texte sera très prochainement soumis par la Mission de la photographie aux divers services concernés au sein du Ministère ». L’annonce a été faite en mars 2010… Début 2012, on est toujours dans le plus grand flou :

« Nous avons mis en place un groupe permanent d’experts dont les conseils et les avis peuvent être sollicités sur l’intérêt et la nature du fonds proposé, leurs perspectives de conservation, les possibilités envisageables de valorisation ». Qui compose ce groupe ? Comment fonctionne-t-il ? Sans dotation de moyens financiers, quelle est son efficacité ? Comment sa mission se distingue-t-elle du travail habituel des institutions ? Depuis sa création, combien de donations ont été acceptées ? Deux ans après, quel est son bilan ? Aucune information n’est donnée.

Quand on sait qu’un groupe d’experts avait déjà exploré le sujet au printemps 2010 lors de plusieurs réunions, on peut s’étonner, une fois encore, des lenteurs et du manque de volonté d’embrasser sérieusement le problème. Les phases d’application semblent éternellement reconduites à plus tard…

A ce jour, aucune véritable ligne d’orientation quant à la sauvegarde de la photographie patrimoniale n’est définie et ne permet aux photographes d’envisager le devenir de leur œuvre. Deux tendances se sont pourtant opposées lors des commissions exploratoires. L’une très sélective, l’autre, à l’image d’Henri Langlois pour les films, préfère sauver tout ce qui peut l’être. Car ne soyons pas hypocrites, la benne menace bien des trésors. Un centre « pensé pour assurer l’accueil et la conservation de fonds d’auteurs » doit ouvrir ses portes à Arles, à la rentrée 2016 (au lieu de 2015, annoncé initialement). La direction serait confiée au directeur de l’Ecole nationale de Photographie d’Arles. Le projet est confirmé lors de la conférence de presse des Rencontres internationales de la Photographie 2012 au ministère de la Culture et de la Communication le 22 mars, mais aucune précision, notamment sur le contenu, n’est avancée. Nous en sommes toujours à l’étape des sempiternels débats entre architectes et autorités politiques ou administratives diverses comme pour la fondation LUMA dont on nous assure, à cette même conférence de presse, qu’elle va bientôt naître. Mais surtout, la question cruciale du financement n’est jamais évoquée.

  • Le Comité en charge de la conservation des fonds de la Médiathèque

Il ne s’est toujours pas réuni depuis 2009… Après trois ans de non fonctionnement, nous pouvons nous interroger : doit-on considérer qu’il existe toujours ?

  • Le Département de la Photographie de la Médiathèque

Il ne figure toujours pas dans l’organigramme de la Médiathèque.

En revanche, en remplacement de Marie Robert nommée au musée d’Orsay, un nouveau conservateur en charge des collections et des fonds photographiques a été désigné très récemment. Il s’agit d’Evelyne Cohen qui s’occupait auparavant des fonds photographiques du musée Picasso.

  • Le Comité des donateurs du 2 février 2012

En 2011, aucun comité des donateurs ne s’était réuni. Après insistance de certains donateurs, une réunion a été organisée le 2 février 2012. Tous les acteurs publics engagés dans la conservation et la diffusion des fonds photographiques étaient présents : saluons leur degré d’implication.

Parmi les nombreuses informations et problèmes évoqués, dont un grand nombre figure dans les différents chapitres de ce courrier, Jean-Paul Bessières-Orsoni, directeur de l’agence photographique de la RMN,  fait part de la multiplication par six, entre 2007 et 2010, du chiffre d’affaires (119 970 euros) lié à l’exploitation des fonds de l’ex Patrimoine photographique, mais il soulève également l’âpre concurrence des deux banques d’images anglo-saxonnes (Getty Images et Corbis) qui contraint le marché à baisser ses prix. Quant à Marta Gili, directrice du Jeu de Paume, elle fait état du succès des expositions Kertész et Ronis, et annonce la prochaine exposition patrimoniale consacrée à Laure Albin-Guillot. Avec Françoise Denoyelle, toutes deux attirent l’attention de l’assemblée sur les difficultés de financement des publications et d’une façon générale des recherches à caractère scientifique sur les fonds photographiques alors que Jean-Daniel Pariset regrette le manque de candidats aux allocations distribuées par la MAP (médiathèque de l’Architecture et de Patrimoine). Un point épineux persiste : concernant les travaux de la médiathèque à Charenton-le-Pont qui conditionnent le déménagement des fonds du Fort de Saint-Cyr,  les dates varient sans cesse et aucun calendrier précis n’est présenté !

BILAN DE LA MISSION DE LA PHOTOGRAPHIE

25 mars 2010 : annonce de la création d’une Mission de la photographie.

7 Février 2011 : point d’étape organisé au ministère de la Culture et de la Communication à la suite des mesures présentées à Arles en juillet 2010.

9 juillet 2011 : discours du ministre à Arles lors des Rencontres de la photographie

27 mars 2012 : Le ministre, Frédéric Mitterrand, annonce officiellement la création du portail AraGo.

  • Le portail ARAGO « qui permettra sur un site unique de donner un accès libre et direct à l’ensemble des collections photographiques nationales dans un premier temps, et qui s’ouvrira par la suite, aux collections publiques et privées sur la base du volontariat. »

C’est toujours la seule avancée notoire. Après des débuts prometteurs lors de la présentation à Arles en 2011, le portail AraGo est désormais accessible en ligne : http://www.photo-arago.fr. Piloté conjointement par la Mission pour la Photographie et la RMN-GP (Réunion des musées nationaux – Grand Palais), il constitue indéniablement un outil fondamental de recherche et de valorisation des fonds photographiques, en France et à l’étranger. Un grand nombre de conservateurs et responsables de collections publiques ont collaboré et ont fourni un travail important nécessaire à sa réalisation. Une matinée professionnelle est organisée prochainement le mercredi 4 avril à laquelle l’ADIDAEPP est conviée. Seule une pratique du site permettra son évaluation précise.

Une première inquiétude pointe cependant, celle de la pérennisation des moyens humains (scientifiques et techniques) et financiers pour enrichir le portail, mais d’ors et déjà, l’agence de la RMN en la personne de son directeur Jean-Paul Bessières-Orsoni nous rassure. Il confirme qu’  « une équipe permanente de six personnes est en charge de la diffusion et de l’actualisation des images sur le portail et le sera toujours dans l’avenir (rédaction des textes, editing,…) ».

Mis à part ce portail AraGo, nous attendons toujours avec intérêt « la série d’expositions à l’échelle nationale » promise par la Mission.

LA SALLE D’EXPOSITION PARISIENNE DE LA PHOTOGRAPHIE PATRIMONIALE, L’ARLÉSIENNE À PARIS ?

La salle accueillant les expositions patrimoniales à l’Hôtel de Sully est fermée depuis janvier 2010. L’aménagement temporaire du Palais de Tokyo, annoncé le 7 février 2011, est abandonné. Les efforts du ministère sont désormais concentrés sur l’Hôtel de Nevers. Le début des travaux est prévu pour l’été 2012, mais qu’en est-il de la fin ? Marta Gili, en charge de la gestion du lieu, a déjà proposé une programmation fondée sur le dialogue entre collections publiques ou privées, nationales ou internationales grâce à la promotion de jeunes commissaires, l’invitation de conservateurs ou de chercheurs spécialisés de renommée nationale ou internationale et enfin, l’encouragement d’un regard inédit d’un artiste sur les fonds photographiques en France ou ailleurs.

Les questions de financement ne sont, là encore, pas évoquées. Nous le rappelons, une fois de plus, les cimaises de l’hôtel de Sully dédiées à la photographie patrimoniale ne sont pas prêtes d’être remplacées. Une veille attentive est plus que jamais de mise…

DISSOLUTION DE l’ADIDAEPP / CRÉATION DE l’APFP !

L’ADIDAEPP, dans sa mission originelle pour la défense conjointe de la conservation des fonds photographiques de l’ex Patrimoine photographique et des intérêts des donateurs ou ayants-droit, a obtenu des résultats significatifs. Elle doit maintenant surveiller leur finalisation. En l’état, elle a atteint une limite. Lors de son dernier conseil d’administration, le 16 mars 2012, ses membres ont décidé de proposer à la prochaine assemblée générale du 12 avril 2012, la dissolution de l’ADIDAEPP et la création d’une nouvelle association, l’APFP – Association pour la Promotion des Fonds photographiques -. L’objectif est plus ambitieux : fort de l’expérience et des acquis de l’ADIDAEPP, l’APFP conservera son organisation[1], mais aura pour objectif principal la conservation, la promotion et la diffusion des nombreux fonds d’auteurs existants en France, auxquels les instances de l’État ne donnent aucune réponse satisfaisante, à la hauteur de la qualité et de la quantité de ce patrimoine culturel laissé à l’heure actuelle, dans sa globalité, sans perspectives. Nombre de photographes, souvent âgés, et leur famille, sont désemparés et seuls face à la charge physique et morale que constituent les fonds photographiques. Ils sont inquiets quant au devenir de leur travail et de leur œuvre. L’APFP se propose d’être leur porte-parole.

Car, malgré les apparences ou annonces diverses, la reconnaissance de la photographie comme art n’est pas complètement acquise. Un lourd travail reste à mener.

Le temps est à l’urgence et non aux tergiversations.

Le bureau de l’Adidaepp :

Françoise Denoyelle, Véronique Figini.


[1] Pour l’APFP, nous allons proposer à l’AG l’élection des mêmes membres du conseil d’administration que l’ADIDAEPP avec en plus, Bernard Perrine, photographe, journaliste et correspondant de l’Académie des Beaux-Arts. Le fonctionnement administratif et bancaire de l’APFP sera identique à celui de l’ADIDAEPP.

[2] En cas de vote positif de l’AG de l’ADIDAEPP pour la création de l’APFP, l’ensemble des fonds bancaires se reportera sur la nouvelle association. Dans le cas d’un vote négatif, l’action de l’ADIDAEPP se poursuivra sous sa forme actuelle.

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